Un paysage unique du golfe du Morbihan

Vue aérienne

Estuaire

La Réserve Naturelle des Marais de Séné est située dans l’estuaire de la rivière de Noyalo, partie la plus orientale du golfe du Morbihan. La physionomie de la côte, plate et basse, ainsi que la faible agitation de l’eau du fait de l’atténuation des courants de marée et des vagues, favorisent le dépôt des particules fines en suspension dans l’eau, qui s’accumulent et constituent deux milieux naturels bien particuliers :

– Dans le lit de l’estuaire : la vasière, également appelée le « slikke » (mot issu du néerlandais), vaste plateau de vase découvrant à marée basse, parsemé de chenaux (étiers).

– Sur les rives de l’estuaire, submersibles aux grandes marées : les prés salés ou herbus, également appelés le « schorre ».

Vasières et prés salés sont deux milieux naturels intimement liés, installés dans la continuité l’un de l’autre.

schema d'un estuaire

 

 

Photo vasière

Les vasières « slikke »

Les eaux peu profondes et peu battues des vasières, facilement réchauffées par le soleil, enrichies d’apports continentaux, rassemblent des conditions idéales pour la production de phytoplancton. Sa grande abondance est la base de chaînes alimentaires impliquant une diversité d’invertébrés (mollusques, crustacés, vers…), d’oiseaux d’eau, de poissons… La quantité de matière vivante produite ici est telle qu’elle n’est pas entièrement consommée par les prédateurs. Une grande partie des micro-organismes, une fois morts, sédimentent sur le fond : leur accumulation va constituer la vase et offrir une niche écologique à de nombreuses espèces détritivores et décomposeuses.

 

pré salé

Prés-salés « shorre »

Le pré-salé est un milieu de transition entre la vasière et le milieu terrestre, qui n’est recouvert par l’eau qu’à partir de certains coefficients de marée. Les conditions de vie sont rudes dans cet écosystème : salinité très élevée du sol et de l’eau, alternance de phases d’immersion et de submersion, dessiccation importante (exposition au soleil, au vent et au sel).

Tout comme les vasières, les prés-salés sont pourtant des écosystèmes d’une incroyable productivité, supérieure à celle des forêts équatoriales. Les différents végétaux qui vivent ici, adaptés à la vie en environnement salé, sont dits « halophiles ». De bas en haut de ce paysage, ils sont répartis en « étages », en fonction de leurs capacités à s’accommoder de la submersion et de la salinité. Les prés-salés présentent, par ailleurs, des caractéristiques physiques intéressantes de résistance à l’érosion.

 

Photo de marais

Les marais

Les anciens marais salants séparés de l’estuaire par des digues abritent un habitat semi-naturel remarquable : la lagune côtière. À l’échelle du territoire français ou de l’Europe, cet habitat est rare car localisé aux côtes basses et abritées. Les lagunes sont caractérisées par la présence d’une nappe d’eau pendant tout ou partie de l’année, subissant d’amples variations de la salinité au cours du cycle annuel, avec notamment des périodes estivales de sursalinité. Elles accueillent des espèces végétales et animales spécifiques dont la présence est liée au maintien de relations plus ou moins régulières avec le milieu marin : une gestion adaptée des niveaux d’eau est donc nécessaire à son maintien.

Les vasières, les prés salés et les lagunes sont des habitats d’intérêt européen.
Ils sont globalement en régression dans le monde,
du fait de l’augmentation de l’érosion ou de l’aménagement du littoral.

Leur conservation est un des objectifs principaux de la réserve naturelle.

Prairies, landes, mares et fossés

Le territoire de la réserve naturelle renferme également des milieux naturels terrestres :

Photo de prairie
– Des prairies dites « permanentes ». Ces écosystèmes semi-naturels, dont la flore, la faune et les micro-organismes sont essentiellement d’origine naturelle, sont maintenus ouverts et entretenus par les activités humaines. Les chantiers de débroussaillage et le pâturage agricole permettent de reconquérir et de conserver leur biodiversité.

Photo de lande
– Bruyères pourpres et ajoncs dorés, les landes sont un paysage typique de la Bretagne, fortement associé à l’identité de la région. Elles sont assez pauvres en nombre d’espèces, mais ces espèces sont très spécifiques. Partie intégrante du système agricole pendant des siècles, les landes constituent un patrimoine historique, culturel et naturel de grande valeur. Après avoir occupé près d’un tiers du territoire, elles sont aujourd’hui fortement menacées et n’en couvrent plus que 3 %.

Photo de mare
– Une cinquantaine de mares permanentes et temporaires, dont les plus importantes sont d’anciens abreuvoirs à bétail, associées à des fossés de drainage de l’ancien marais salant, constituent un réseau d’habitats de plantes aquatiques, d’insectes et d’amphibiens.

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